Les inhibiteurs de PARP : un pas de plus vers la médecine personnalisée dans le cancer du sein


Par Fatéma Dodat 


Source Image : Pixabay


Le cancer du sein est le cancer qui engendre le plus de décès chez les femmes à travers le monde. Même si des traitements ont été développés au cours des dernières décennies, ils ne sont pas efficaces chez toutes les patientes en raison de l’évolution clinique qui peut différer chez ces dernières. En plus des facteurs clinico--pathologiques, des études de « profilage moléculaire » ont permis de définir différents sous-types de cancer du sein et de mettre en place des traitements ciblés adaptés. Retour sur ce concept de médecine personnalisée et sur un traitement qui en découle dans le cancer du sein.



La médecine personnalisée


Dans le cancer, la médecine personnalisée ou de précision a pour objectif de développer des traitements basés sur les caractéristiques moléculaires d’une tumeur pour un individu donné. Ce concept est né d'une nouvelle génération de technique de séquençage qui permet de séquencer simultanément des millions de fragments d'ADN, sans connaissance préalable de la séquence.


Cette technologie a ainsi permis d’identifier des oncogènes responsables du développement du cancer chez des patients de manière individuelle et par conséquent, de les cibler par des inhibiteurs de petites molécules ou des anticorps thérapeutiques. Les patients, dont la tumeur héberge une ou des amplifications génétiques et / ou une ou des mutations dans ces gènes, peuvent être traités avec une thérapie ciblée. Cette approche est considérée comme prometteuse dans le traitement de nombreux cancers.


Les inhibiteurs de PARP et le cancer du sein


Dans les cellules, différentes séquences de communication cellulaire peuvent être initialisées pour réparer l’ADN lors d’un dommage. Les gènes BRCA1 et BRCA2 (breast cancer 1 and 2) ont un rôle clé dans l’une de ces voies et des modifications de ces gènes sont des facteurs de risque pour le développement du cancer du sein.


Dans le cancer du sein avec une mutation sur l’un de ces gènes, les cellules cancéreuses utilisent la séquence de communication de réparation qui implique la molécule PARP (poly (ADP-ribose) polymérase). Afin d’empêcher la réparation de ces cellules, des inhibiteurs de PARP, bloquant l’activité de cette molécule, ont été développés. Ils sont désormais disponibles en clinique pour traiter les patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique qui ne contient pas la molécule HER2 (Human Epidermal growth factor Receptor 2), suite à la chimiothérapie. Ces inhibiteurs ont l’avantage de cibler les cellules cancéreuses, sans affecter les cellules saines.


Comme les mutations de ces gènes peuvent être présentes dans d’autres cancers comme le cancer de l’ovaire, de la prostate ou du pancréas, les inhibiteurs de PARP ont été évalués et approuvés au Canada, afin de traiter des patients atteints de ces cancers et présentant ces mutations.


D'autres approches de médecine personnalisée, mises de l'avant par la Fondation du cancer du sein du Québec sous forme de capsules vidéo, sont également à l’épreuve au Québec. Elles comprennent la stratification personnalisée des risques pour la prévention et la détection précoce du cancer du sein, la caractérisation des gènes suppresseurs de tumeurs ou encore l’identification de mutations génétiques multiples.

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